Les entreprises s’équipent de radars à start-up

Les grands groupes s’organisent et se dotent de logiciels pour que leurs collaborateurs puissent trouver rapidement les start-up susceptibles de travailler avec eux ou sur lesquelles investir.

Les grands groupes investissent de plus en plus d’argent dans des start-up, malgré le fait que les entreprises innovantes aient été moins financées l’an dernier. Dans le monde, 64,9 milliards de dollars ont quitté les caisses des entreprises confirmées pour entrer au capital de jeunes pousses, d’après l’étude Venture Pulse 2016 de KPMG publiée le 13 février 2017. En Europe, 17% des montants levés par les start-up proviennent du « corporate venture » – contre 12 % en 2015, à hauteur de 5,5 milliards de dollars.

Mais ces tickets sont bien souvent le résultat final d’un laborieux travail de « sourcing » de la part des directions de l’innovation. Les plus en avance cherchent désormais à rationaliser leurs process, aussi bien en amont des investissements que du démarrage d’un projet pilote ou d’un partenariat en collaboration avec des start-up.

Société Générale et Dassault Système partagent les informations sur le réseau social interne

Mi-janvier, la Société Générale présentait son « start-up radar ». A la façon d’une encyclopédie collaborative, cette plateforme permettra bientôt à l’ensemble des collaborateurs de la banque de décrire les start-up qu’ils rencontrent ou dont ils entendent parler. Objectif : que chacun profite des rencontres des autres. « Un système de communautés internes et de recherche par filtre permettra d’identifier les start-up intéressantes dans des domaines particuliers « blockchain, chatbot ou robot advisors », expliquait Aymeril Hoang, le directeur de l’innovation du groupe. Ces équipes formeront ce qui est présenté comme une « agence de notation » de start-up, qui pourra orienter les opérationnels vers les jeunes pousses avec lesquelles travailler.

« Nous devons « productiver l’open innovation » », considère Frédéric Vacher, le directeur innovation de Dassault Système. Comme chez Société Générale, il s’appuie sur le réseau interne de l’entreprise pour communiquer auprès de tous sur les possibilités et les débouchés des rencontres entre le groupe et des jeunes pousses. Chaque collaborateur peut, s’il le souhaite, révéler son âme d’entrepreneur et devenir mentor d’une start-up. Bien entendu, les projets soutenus par Dassault Système devront suivre le sens stratégique de l’entreprise.

Vers un start-up relationship management inspiré de la relation-client

Ex-ingénieur du département innovation de Véolia, Richard Biquillon a cerné la complexité du maintien à jour, sur un fichier tableur partagé, d’une sorte d’annuaire des start-up intéressantes. Lui aussi mise sur une plateforme pour faciliter la circulation de l’information. Désormais, lui-même à la tête de la start-up Yoomap, il vend sa technologie de « start-up relationship management » aux directions de l’innovation des grandes entreprises, celles de BPCE, Total ou encore Allianz, parfois à l’échelle du groupe, parfois au stade des filiales. « Comme pour un logiciel de relation client, notre système permet de qualifier les start-up de différentes façons : « à potentiel », « industrialisation du partenariat », « projet-pilote en cours », etc.  Et un algorithme permet de retrouver la fiche de chaque start-up », explique l’entrepreneur. Chez ses clients, les communautés open innovation regroupent jusqu’à 600 collaborateurs. Ses services incluent la formation d’un community manager pour chaque plateforme interne. Avec l’espoir que la viralité d’un bon pitch de jeune entreprise innovante suffise à faire grossir le camp des « start-up lovers ».

 

Florian Debes


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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