École 42 : sur les traces des génies du code

5000. C’est le nombre permanent d’offres de stage mises à la disposition des élèves en programmation informatique de l’École 42. Outre un marché porteur, comment expliquer un tel succès ? En quoi les méthodes appliquées diffèrent-elles des autres écoles et peuvent-elles être calquées au management des entreprises ? Pour mieux comprendre, nous avons décidé de passer une journée à l’École 42 afin de rencontrer élèves et responsables de la pédagogie.

« Les 35 heures, on ne connaît pas ! », plaisante David Giron, dit « Thor », responsable de la – petite – équipe en charge de la pédagogie de cette école particulière créée en 2013 par Xavier Niel. Il est présent dans les vidéos introductives qui sont soumises aux étudiants à chaque démarrage de projet. Elles exposent l’objectif à atteindre pour valider chacun des 21 niveaux nécessaires à l’obtention du certificat. Ces vidéos sont complétées par des indications écrites sur le projet à réaliser.

Ensuite, c’est à l’étudiant de se débrouiller, peu importe quel chemin il parcourt pour atteindre son but. Tout est fait pour attiser la curiosité et obliger les élèves à s’adapter en permanence. « On nous laisse tellement de liberté qu’on travaille beaucoup plus que si on avait des contraintes » reconnaît Agathe, étudiante de 27 ans titulaire d’un master de l’École des Beaux-Arts.

Un auto-apprentissage par niveau, comme dans un jeu vidéo

Le système de cette école est calqué sur le principe des jeux vidéo. Il apprend ainsi aux étudiants à s’autogérer et à travailler en équipe. Pour démarrer le cursus, d’une durée moyenne de 3 ans, il faut d’abord avoir réussi la redoutable épreuve de la « piscine » : 30 jours d’immersion dans une des trois salles équipées de 300 ordinateurs, où l’élève devra accomplir un certain nombre de tâches en équipe.

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« À la fin de la piscine, chaque élève doit voter pour les dix personnes qu’il souhaiterait voir rester dans l’école. Si personne ne vote pour vous, c’est que vous n’avez pas réussi à vous faire apprécier ou à mettre en place la bonne stratégie pour être sélectionné », explique Franck S., un des vingt « seniors » ayant bénéficié de l’accord conclu avec Pôle emploi. Ensuite, il revient à chacun de constituer son équipe (de deux à cinq personnes selon la difficulté) pour avancer dans les projets. « Pour réussir, avoir de très bons techniciens ne suffit pas : il faut trouver des gens qui ont les qualités humaines nécessaires pour travailler ensemble », poursuit Franck. S.

L’évaluation par les pairs, clé de la motivation à l’école ?

Les cinq premiers projets forment un tronc commun destiné à faire travailler les étudiants sur le langage C, très peu instrumenté, « qui leur donne une première vision de la programmation et leur permettra d’appréhender des technologies plus modernes par la suite », avance David Giron. Une fois validés ces cinq projets, l’étudiant est libre d’avancer sur l’une des trois « branches » de l’arborescence  du cursus : programmation UNIX ; programmation orientée graphique et algorithmique fondamentale. Par exemple, dans la première branche, il doit être capable de refaire un Shell (ligne de commande). Chacun peut changer de branche s’il se rend compte que celle sur laquelle il avance ne l’intéresse plus.

Chaque équipe crée ainsi son propre contenu et tous les élèves doivent se faire évaluer par ses pairs. « Pour chaque projet, un ensemble de règles définit qui est éligible pour pouvoir évaluer un autre étudiant. À chaque fois qu’un étudiant se fait évaluer, il perd un point qu’il regagne en évaluant d’autres étudiants », poursuit David Giron.

Main dans la main avec le monde de l’entreprise

Les étudiants de l’École 42 bénéficient notamment d’un partenariat conclu avec HEC. Celui-ci consiste à rassembler un étudiant de la branche entrepreneuriat, un étudiant de l’École de Condé (art, design) et un élève de l’École 42 afin qu’ils aient toutes les compétences pour lancer un projet de start-up. En plus des conférences et hackathons quasi quotidiens, les étudiants se voient ouvrir les portes des entreprises grâce à deux stages obligatoires qui viennent rythmer la formation. Le premier se déroule après environ 12 mois de cours, à l’issue du tronc commun (pour une durée de 4 à 6 mois) et le second a lieu en fin d’études (6 mois). Une période de travail à temps partiel est également proposée permettant aux élèves de continuer à apprendre. D’après David Giron,« de nombreux étudiants se voient proposer un contrat de travail avant d’avoir atteint le niveau final. »

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De gauche à droite : Catherine, David Giron, Franck

Ces méthodes d’apprentissage ne sont pas forcément transposables partout. « Comme l’artiste, le développeur crée beaucoup : des programmes, des librairies, des applications, des structures… Il peut être entravé par le modèle managérial actuel avec ses contraintes très fortes », prévient Franck, 30 ans, qui a souhaité reprendre des études après quelques années passées à la hotline d’un opérateur mobile.

Mais pour Catherine, 26 ans, qui travaille à ses côtés au sein du « bocal », la cellule qui conçoit les projets et veille sur le fonctionnement du système d’information de cette école, « le modèle repose sur la responsabilisation et l’autonomie. Il est particulièrement adapté aux start-ups ou aux groupes fonctionnant sur un mode agile, ainsi que dans les services informatiques qui proposent des horaires flexibles ».


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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