La French Tech sur le ring mondial à Las Vegas

Le Salon Consumer Electronic Show ouvre ses portes ce jeudi avec 275 entreprises françaises, dont 178 start-up.La délégation tricolore veut y confirmer son statut de principal challenger dans la tech mondiale.

Avant 2013, la French Tech n’était qu’une idée. Depuis sa participation au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, il y a quatre ans, elle est devenue une marque. Solide, reconnue dans le monde entier. « Notre présence à ce Salon nous a permis d’exister à l’international, explique Eric Morand, directeur du département tech & services de Business France. Les fonds d’investissement américains et asiatiques nous demandent de leur présenter des start-up lors de leur passage à Paris. » Le petit coq rouge arboré par ses parrains politiques est devenu un symbole reconnu dans le monde. Au point que de nombreuses délégations se rapprochent des organisateurs de la French Tech.

Des acteurs mondiaux et un vivier d’ingénieurs

Des pays d’Europe de l’Est, Taiwan, l’Albanie et même l’Allemagne sont venus piocher des conseils, comprendre comment le mouvement a été enclenché, et surtout comment le répliquer. « La réponse est souvent la même, avoue Eric Morand. Nous leur expliquons que le fond était déjà là. Avec des acteurs mondiaux dans les « telcos », de grandes écoles de mathématiques, de très nombreux ingénieurs. »

Cette année, la présence française à Vegas (275 entreprises au total, soit le troisième pays après les 1.713 firmes américaines et les 1.307 chinoises) commence même à faire grincer des dents parmi les pays qui ont également souhaité rassembler leurs start-up sous un pavillon national. Ce qui explique pourquoi les 178 jeunes pousses présentes à l’Eureka Park n’exposeront pas ensemble cette année. Des petits groupes sont disséminés pour permettre aux autres d’afficher une visibilité plus importante. La France est la deuxième délégation de l’espace dédié aux start-up, juste derrière les Etats-Unis et leurs 203 pépites, mais loin devant Israël. Les délégations européennes affichent désormais, elles aussi, leurs ambitions. Pour cette 6e édition de l’Eureka Park, plus de 550 start-up de 33 pays différents sont présentes. « Le CES est une très belle vitrine pour les entreprises françaises et l’installation de la marque French Tech doit beaucoup à ces déplacements en meute, se souvient l’ex ministre Fleur Pellerin, aujourd’hui PDG du fonds Korelya Capital. L’idée était de créer un réseau, de faciliter les échanges entre les entreprises qui avaient du mal à se mettre en valeur. »En 2013, alors ministre de l’Economie numérique, elle se rend à Las Vegas et devance ses homologues européens. Le Royaume-Uni vend à l’époque son programme Tech City, Berlin sa « Silicon Allee ». En France, le gouvernement se débat avec les « pigeons », et la ministre contre les effets négatifs à l’international de la vente avortée de Dailymotion à Yahoo!.

Mais la concurrence s’affûte désormais. Les pays « tech » traditionnels, comme le Royaume-Uni ou Israël, reviennent en force. Tout comme les nations qui veulent émerger sur la planète start-up, à l’image des Pays-Bas ou de la Nouvelle-Zélande. « Notre ambition est d’aider nos start-up à se positionner sur un marché mondial, mais aussi à démontrer que la Nouvelle-Zélande est une terre qui peut accueillir les talents du monde entier », précise ainsi Iain Butler, du programme Callaghan Innovation. Si peu d’autres Etats envoient des ministres, le gouvernement français veut, en revanche, préserver sa place. Michel Sapin et Axelle Lemaire sont donc au rendez-vous cette année, avec des tournées prévues dès jeudi. Mais ils ne seront pas seuls. François Fillon, en pleine campagne présidentielle, fait également le voyage. Des déplacements qu’il faut savoir gérer comme en 2015, lorsque Emmanuel Macron et Axelle Lemaire ne souhaitaient pas s’y croiser. « De toute manière, l’attentat contre « Charlie Hebdo » a bousculé tous les agendas, se rappelle Eric Morand. Nous avons bidouillé des écrans pour retransmettre l’allocution du président de la République sur Eureka Park et toute la communauté française s’y est retrouvée. »

 

Guillaume Bregeras


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

Inspirez-vous. Informez-vous


Ne manquez rien
de l'actualité business !

Recevez une fois par mois la newsletter InstinctBusiness.

Conformément à la loi «informatique et libertés» du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant. Pour exercer ce droit, contactez : American Express Carte France, GCP, 4 rue Louis Blériot, 92561 RUEIL MALMAISON Cedex. Données collectées à des fins commerciales.