Maisons de santé : tendance de fond ou effet de mode ?

Seulement 10 % des médecins généralistes libéraux exercent en France au sein d’une maison ou d’un centre de santé. Fortement promu il y a une dizaine d’années, ce mode d’exercice particulier donne au métier une dimension entrepreneuriale certaine. Il séduit les jeunes générations qui y voient un modèle pour l’avenir. Il intéresse aussi les plus anciennes qui pensent qu’il peut les aider dans le contexte de la démographie médicale déclinante.

A l’instar des entreprises de droit privé, les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) sont des personnes morales. Elles réunissent dans leurs murs une communauté d’individus, issus d’horizons et de professions divers, qui décident de mettre des moyens en commun en vue d’atteindre un objectif partagé. Des professionnels de santé qui exercent des soins de premier recours, dits ambulatoires, sur un territoire donné. Le tout dans le cadre d’un projet de santé qu’ils élaborent ensemble et qu’ils vont s’efforcer de mettre en œuvre.

MSP : une mission de service sanitaire public

Les investissements constitutifs de leur maison commune peuvent être privés – par apport personnel – ou public – par subvention des collectivités locales, la DATAR ou des autorités sanitaires régionales (Agence régionale de santé). Enfin, leur objectif n’est en rien de maximiser leurs résultats, mais d’assurer au mieux les missions de service sanitaire public qui leur sont assignées. Leurs revenus sont étroitement associés au nombre de personnes qui s’inscrivent librement auprès d’eux et découlent du nombre d’actes qu’ils réalisent. Ils peuvent recevoir en plus une aide publique ou des dotations en fonction d’objectifs de santé publique. Les promoteurs de la maison de santé (a minima deux médecins généralistes et un infirmier) doivent au préalable définir, en fonction de leurs objectifs propre ou commun, quelle forme juridique ils souhaitent adopter : SCI, Association loi 1901, SCM, SCP, SEL, SISA…

Une montée en puissance soutenue par les pouvoir publics

En 2009, lors du vote de la loi Hôpitaux, Patients, Santé, Territoires (HPST) qui va leur donner un vrai coup d’envoi, leur nombre est d’à peine une centaine. En 2015, 637 maisons sont ouvertes et 126 en construction. Un an plus tard elles sont près de 800. Et l’objectif affiché par le ministère de la Santé est de 1400 à 1800 fin 2018. Entre temps, notre pays connaît également une crise sanitaire sans précédent. Des milliers de médecins libéraux, génération du baby-boom des années 50, prennent en effet progressivement leur retraite. Des déserts médicaux s’installent dans les campagnes où les praticiens ne sont plus remplacés. Bientôt le manque de médecins va ainsi frapper les zones périurbaines. Voire le cœur même des grandes villes, avec Paris en tête. Et un phénomène sociologique va renforcer ce mouvement. Les jeunes générations, qui ont grandi avec les 35 heures, ne veulent plus du modèle sacerdotal de leurs aînés et pas davantage vivre loin des grands centres urbains.

Maisons de santé : un mode d’exercice qui séduit les jeunes

« Les maisons de santé ont notamment pour objectif d’attirer et maintenir des médecins en zones sous-dotées ou fragiles en offre de soins », souligne dans ce registre le Commissariat général à l’égalité des territoires. Elles contribuent ainsi à répondre à l’enclavement ou l’éloignement de certains territoires. Les MSP vont progressivement attirer les jeunes médecins généralistes. Ceux-ci y voient un outil d’exercice correspondant à leurs attentes et à la qualité de vie qu’ils ou elles souhaitent préserver. Habitué à travailler en équipe dans les hôpitaux, ils sont également attirés par le côté « pluriprofessionnel » des maisons de santé.  A partir de ce lieu, pourront ainsi se mettre en musique de nouveaux modes d’exercice collaboratifs. Ils seront orchestrés au besoin par un coordinateur des activités des professionnels de santé. Son rôle : veiller à la bonne marche de la maison commune et au besoin s’occuper de sa gestion d’ensemble.

Améliorer la qualité des soins

Soutenues par les pouvoirs publics depuis 2005, les maisons de santé ont ainsi la particularité d’améliorer la qualité et l’efficience des soins pour le patient. Et ce grâce à une meilleure coordination entre professionnels.

« Leur développement favorise, au-delà des fonctions de coordination, l’émergence de nouvelles pratiques professionnelles », précise la Fédération Française des Maisons et Pôles de Santé (1). Car la prise en charge des patients, qu’ils soient très jeunes ou plus âgés avec de pathologies chroniques associées, ne peut plus être réalisée, pour les tenants du modèle MSP, par un seul professionnel, fut-il médecin, en exercice solitaire, mais au sein d’une chaîne de compétences professionnelles bien coordonnées.

La maison de santé, un modèle pour l’avenir ?

Plus de 50 % des médecins généralistes (ou spécialistes) exercent déjà en cabinet de groupe, dans les mêmes murs que d’autres confrères. Ils sont cependant encore loin d’avoir choisi de le faire dans une maison de santé pluriprofessionnelle . Selon la dernière étude menée par la FFMPS, les 1023 MSP ouvertes en fin 2017 emploient en moyenne en moyenne 5,1 médecins et 9,2 professionnels paramédicaux qui exercent en libéral. Ce qui donne in fine 5217 médecins généralistes et 9411 paramédicaux engagés dans ce nouveau mode d’exercice. Soit à peine 10 % des médecins. Nous sommes donc encore loin d’une vague qui emporterait l’exercice libéral traditionnel de la médecine. Dans les faits, la constitution de pôles de santé, de plus en plus nombreux, ou la récente ouverture de Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (2) constituent autant de nouvelles formes de développement de la pratique libérale, avec des fonctionnements en réseau. Les nouvelles générations de médecin devraient nous dire rapidement où vont leur préférence.

(1) FFMPS : www.ffmps.fr
(2) CPTS – cf. : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche_12.pdf

 

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