Monétisation des données, la fausse bonne idée ?

La question de la propriété et de la monétisation des données personnelles est l’objet d’un débat âprement discuté. D’un côté, les propriétaires de ces données qui voient dans cette approche la possibilité des revenus possibles. De l’autre, ceux qui s’y opposent fermement, au prétexte que tout n’est pas  » monétisable « .

Des oppositions idéologiques

Alors que la RGPD doit prochainement entrer en application, le débat sur l’achat des données déchire la Toile. Deux partis s’affrontent : les pros – ceux qui estiment cette tendance inéluctable – et les antis, farouchement opposés à cette idée, considérant que tout n’est pas monétisable. « Contre quelques sous, nos brillants intellectuels proposent que chaque internaute cède les informations concernant sa vie sexuelle, médicale, privée, professionnelle, intellectuelle, à des opérateurs {internet} privés « , condamne ainsi Tris Acatrinei, dans une récente tribune parue sur ZDNet.

Reste que l’échange et la monétisation des données – dont le volume mondial est estimé à 30000 gigaoctets / seconde – est un enjeu économique âprement convoité. Ces datas représentent en effet un bien précieux pour les différents acteurs du marché, « désireux d’en apprendre au maximum sur leurs consommateurs ou de tirer profit de leur revente », appuie le cabinet de conseil en transformation des entreprises Wavestone.

Et de constater toutefois une opposition de plus en plus marquée des utilisateurs désormais soucieux de reprendre le contrôle sur les informations qu’ils communiquent, voire désireux de monétiser leurs données eux-mêmes.

monétisation des données : homme travaillant sur tablette

Monétisation des données et droit à l’oubli

Cette idée est d’ailleurs reprise par le think tank Génération Libre, lequel propose de transformer les données personnelles en marchandises. Et ce afin que ces mêmes utilisateurs puissent les vendre comme n’importe quel bien. « Chacun pourrait choisir en toute autonomie l’usage qu’il souhaite faire de ses données, selon leur nature et leur finalité », argumente ainsi son président Gaspard Koenig dans une tribune récemment parue dans Le Monde (co-signée avec le député LREM Bruno Bonnell). Et le président de Génération Libre de considérer dans une interview donnée au magazine Challenges, que les citoyens se font « spoiler » de leurs données par les plateformes Internet ; ces GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) qui les récupèrent et en puisent une valeur commerciale auprès des annonceurs.

Une chose est sûre : la RGPD vient renforcer le droit des consommateurs sur la protection – et donc la monétisation possible – de leurs données. Ce texte vient limiter les recours au profilage automatique des données, qui sera autorisé uniquement si la personne concernée a donné son consentement, « si cela est permis par la loi et nécessaire à la conclusion d’un contrat ». En outre, précise un article de Julie Atlan de Wavestone, « la RGPD instaure un droit à l’oubli, qui permettra aux personnes qui le souhaitent de requérir l’effacement de leurs données, lorsqu’elles refusent que celles-ci soient traitées, à moins qu’il existe des raisons légitimes de les conserver ».

De l’avis de nombre d’experts, il est en tout cas nécessaire de faire émerger un droit à la propriété des données personnelles. Un débat complexe et technique tant il est compliqué de savoir à qui finalement appartiennent les données collectées par telle ou telle entreprise et acteur de la datasphère. Autre sujet en suspens : comment valoriser ces données ? Et quel prix leur en donner ?…. That’s the big question.


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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