Les salariés de la French Tech heureux au bureau comme à la maison

Des salariés mieux installés, plus heureux, travaillent mieux, sinon plus. Les entreprises « techs » jouent à fond sur l’aménagement et l’emplacement de leurs bureaux pour recruter les meilleurs et les garder. Et ça marche.

Est-ce leur jeune âge ? Est-ce le côté cool de la génération Y ? Est-ce l’époque, les immeubles de bureaux mieux agencés et plus accueillants ? Personne n’est très sûr des raisons pour lesquelles les salariés des « techs », start-ups et grandes sociétés surfant sur les nouvelles technologies aiment tant venir au bureau… « La différence vient plus de l’âge de l’entreprise que de celui des salariés », pense Emmanuel Nardin, cofondateur de Devialet, en 2007. « Les salariés de la French Tech n’ont quasiment connu que ces environnements de travail innovants, si on transforme l’organisation des entreprises plus anciennes de la même manière, l’adhésion est également très forte, je ne m’y attendais pas », ajoute Frédéric Ciuntu, directeur immobilier du groupe L’Oréal.

En tout cas, 82 % des « techs » pensent que leur lieu de travail est un lieu de vie où ils aiment passer du temps, alors que 57 % des troupes des entreprises dites traditionnelles tentent d’y rester le moins possible. C’est l’un des nombreux résultats de l’enquête Paris Work Place réalisée par Ifop pour la Société Foncière Lyonnaise, SFL, auprès de quelque 2.800 personnes issues des deux mondes. Les « techs » sont jeunes, 31 ans en moyenne et considèrent d’autres critères que le seul salaire pour choisir leur emploi (tous les répondants en ont un, ce qui fausse un peu l’échantillonnage). Plus de la moitié avouent que les bureaux ont été importants pour eux dans le choix de leur entreprise, contre 30 % seulement pour les entreprises traditionnelles. Chanceux ou exigeants, ils travaillent en tout cas plus près de chez eux, et supportent 37 minutes de trajet contre 48 habituellement. Sur ces 22 minutes aller-retour économisées dans les transports, ils en passent 15 de plus chaque jour dans l’entreprise. Des quarts d’heure qui, mis bout à bout font une semaine entière au bout d’un an.

Travail de groupe

Que font-ils au bureau ? Ils travaillent en groupe, – c’est d’ailleurs la seule raison qui les pousse à y venir disent-ils – si possible dans des espaces ouverts. A peine 1 % d’entre eux sont logés dans des bureaux fermés et les deux tiers de leurs dirigeants s’installent au milieu de leurs équipes contre seulement 14 % dans l’ancien monde. A choisir, ils sont 61 % à réclamer plus d’espaces collaboratifs que de place supplémentaire pour chacun. Plutôt que de rester à leur poste, les « techs » se déplacent : 34 % bougent au cours de la journée pour travailler dans différents endroits au sein même de l’entreprise et passent des salles de réunion à la terrasse, via la cafétéria. « Comme dans une maison, on doit pouvoir changer de pièce et d’environnement lorsque l’on change d’activité », explique Frédéric Ciuntu. Ces « espaces partagés » dits « collaboratifs » sont pensés pour permettre ces va-et-vient mais cette nouvelle organisation cache aussi la diminution drastique des bureaux individuels que chacun a, du coup, plaisir à fuir, lorsqu’il en a un.

Quartiers peu fréquentables

Les entreprises techs seraient aussi plus conviviales : on y déjeune plus entre collègues (81 % contre 55 %), on y boit souvent un verre après le travail (69 % contre 33 %), on y rit davantage, dit-on. Le groupe, la « tribu », la « famille » comme il est désormais courant de considérer l’ensemble des salariés d’une de ces entreprises se reconnaît dans des valeurs partagées dont la réputation. Elle est encore meilleure si l’immeuble est « cool » et central : moins de 4 % des « techs » interrogés voudraient aller travailler dans une tour, dont la forme symbolise un fonctionnement et une communication trop hiérarchiques, ou dans des arrondissements trop connotés : le VIIIe accueille les avocats, La Défense le CAC 40. Le tableau est caricatural mais fonctionne.

L’enquête ne dit pas dans quelle mesure les salariés des entreprises traditionnelles rejettent aussi ces immeubles trop grands, souvent excentrés par rapport aux quartiers qu’ils plébiscitent où se mélangent bureaux, logements commerces et équipements. « Le centre des affaires s’est déplacé en quelques années du Triangle d’or à l’ouest vers l’est d’Opéra avec une forte concentration dans le IIe et le IXe », confirme Dimitri Boulte, le directeur général délégué de la Société Foncières Lyonnaise. Des quartiers aux loyers élevés qu’il faut pouvoir payer : « Il est évident que nous pensons à la performance de l’entreprise, c’est un business modèle, mais les espaces confortables ne cachent pas de manipulation, nous ne nous servons pas de cet environnement pour exiger plus de présence au travail ou pour payer moins nos salariés », assure Emmanuel Arnaud, le président de Guesttoguest une société d’échange de résidences.

 

Catherine Sabbah


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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