L’intelligence artificielle, génératrice de croissance… et d’emplois

Contrairement aux idées reçues, l’intelligence artificielle serait à l’origine de création de postes, notamment de cadre et de cadre supérieur, au sein d’une large majorité d’entreprises l’ayant adoptée.

A bien des égards fascinante et prometteuse, l’arrivée progressive de l’intelligence artificielle (IA) dans les entreprises ne manque pas de générer son lot de peurs et d’appréhensions. Parmi elles, une crainte vieille comme le monde, celle d’un remplacement progressif de l’humain par des machines, avec les conséquences dévastatrices en matière d’emploi que cela impliquerait. Battant en brèche cette idée préconçue, une étude du Digital Transformation Institute de Capgemini (1), parue jeudi 7 septembre, affirme que l’intelligence artificielle serait, au contraire, à l’origine directe de créations de postes.

Ainsi, dans 83 % des sociétés interrogées ayant adopté l’IA, en phase de test ou à grande échelle, de nouveaux postes ont vu le jour. Aux deux tiers dans la catégorie cadre ou cadre supérieur. Surtout, parmi les entreprises qui utilisent déjà les technologies d’IA à grande échelle, plus de trois sur cinq (63 %) n’ont pas supprimé de postes du fait de son adoption. « Nous avons volontairement adopté une approche positive de la révolution technologique, concède Anne-Laure Thieullent, Vice President Capgemini Insights & Data. Mais, comme les résultats de l’étude le montrent, nous n’avons pas de quoi être inquiets sur la destruction d’emplois supposément induite par l’arrivée de l’IA puisqu’elle nécessite la création de nouveaux métiers pour encadrer la transformation du business model qu’elle provoque. »

Doper les ventes

Loin de remplacer, pour l’heure, les salariés, les outils d’intelligence artificielle adoptés serviraient plutôt à les assister dans leur travail : 89 % des entreprises sondées les considèrent comme un moyen de simplifier les tâches complexes et 88 % estiment que les machines dotées d’intelligence coexisteront avec les hommes. Dans cette optique, 71 % des organisations affirment avoir entrepris des actions proactives de formation ou de perfectionnement des employés pour tirer profit de leurs investissements dans l’IA. « Une fois ces nouveaux outils maîtrisés, ils permettront aux salariés de se délester des tâches administratives, répétitives, voire aliénantes, afin de se concentrer sur les missions les plus compliquées, à plus forte valeur ajoutée, qui stimulent leurs compétences créatives, assure Anne-Laure Thieullent. Pour autant, les entreprises doivent raisonner à long terme et entamer, dès à présent, un processus de formation des équipes dont les tâches ont vocation, dans un futur plus ou moins proche, à être optimisées. »

Utilisée, avant tout, pour « stimuler les ventes, dynamiser les opérations, améliorer l’engagement client et recueillir des informations pertinentes pour les activités », estime Capgemini, « mais aussi pour mener des projets d’excellence opérationnelle pour améliorer la traçabilité des produits ou les processus de production », renchérit Anne-Laure Thieullent, l’intelligence artificielle aurait d’ores et déjà permis à trois quarts des sociétés interrogées de voir leurs ventes augmenter de 10 % depuis la mise en œuvre de cette technologie. Et les entreprises y fondent beaucoup d’espoirs : 73 % pensent qu’elle peut les aider à accroître leurs taux de satisfaction client et 65 % qu’elle pourrait renforcer la fidélité de leur clientèle.

Des projets bottom up

Toutefois, pour éviter les espoirs déçus, les organisations ont tout intérêt à véritablement aligner leurs investissements dans l’intelligence artificielle sur leurs opportunités commerciales. « Si l’impulsion doit être top down, les premiers projets lancés doivent nécessairement être bottom up, sinon les cas d’usage créés, comme c’est le cas dans bon nombre de sociétés, risquent de ne pas être en adéquation avec les besoins des opérationnels ou d’être trop complexes à réaliser », prévient Anne-Laure Thieullent. Pour les entreprises, il ne s’agit donc pas de vouloir investir à tout prix dans l’intelligence artificielle mais de voir si elle peut les aider à régler des problèmes préalablement identifiés sur le terrain.

(1) – Réalisée entre mars et juin 2017, l’étude rassemble les témoignages de 993 participants issus de neuf pays différents (Australie, France, Inde, Italie, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni et Etats-Unis). Exerçant dans sept secteurs d’activité (automobile, banque, assurances, industrie, télécoms et utilities), toutes les entreprises interrogées, multinationales et start-up avec un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions de dollars, ont fait le choix d’investir dans l’intelligence artificielle.

 

Vincent Bouquet


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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