Assurance et Insurtech, la guerre des données est lancée

AXA Strategic Ventures existe depuis 2015. Ce fonds d’investissement doté de 400 millions d’euros apportés par AXA, implanté à Paris, Londres, New York, San Francisco et, bientôt, Hong Kong investit dans toutes les nouvelles technologies permettant de faire de l’assurance autrement. Florian Graillot, membre de l’équipe en charge des investissements en Europe, nous livre sa vision.

Comment se dessine le marché de l’assurance aujourd’hui et pourquoi est né le mouvement Insurtech ?

Le marché de l’assurance est à la fois très important en taille (plusieurs milliers de milliards d’euros), très complexe de par sa variété (assurance-vie, assurances IARD, santé, etc.) et très réglementé, soit un environnement jusqu’à présent assez fermé, composé de grands acteurs existant de longue date et très en retard en matière de digitalisation par rapport à d’autres secteurs.

Face à cet état de fait, le mouvement Insurtech, né il y a deux ans aux Etats-Unis, a suscité d’emblée l’intérêt des assureurs traditionnels et connaît une croissance exponentielle. Il s’est développé en Europe et a vu naître de nombreux acteurs dont Alan en France, qui vient de lever 13 millions d’euros, un montant significatif. Ces nouveaux acteurs permettent non seulement de faciliter la consommation de produits d’assurance grâce aux nouvelles technologies, mais aussi de créer de nouveaux marchés, comme FlyR (start-up française qui prédit l’évolution des prix des billets d’avion et permet de vendre des produits d’assurances avant même la réservation) ou Medlanes en Allemagne (qui utilise l’intelligence artificielle pour la téléconsultation et la mise en relation patient/docteur).

Certains maillons de la chaîne de valeur concentrent-ils davantage d’innovation ?

La chaîne de valeur de l’industrie de l’assurance s’articule en trois parties, qui font toutes l’objet de propositions de la part des start-up, avec des business model différents.

La première, en croissance, comprend le design de produit et le pricing ou stratégie tarifaire (35 % du flux des start-up InsurTech que nous avons identifiées). Cœur de métier de l’assureur, c’est elle qui utilise le plus les nouvelles technologies d’intelligence artificielle, de Big Data et de Machine Learning. Les start-up s’attaquant à cette partie doivent disposer d’une quantité suffisante de données pour assurer la fiabilité de leurs modèles : pour ce faire, elles ont intérêt à établir des partenariats avec les assureurs historiques (BtoB).

AXA Strategic Ventures

« La tendance de l’hyperpersonnalisation de l’assurance est amenée à se développer. » Florian Graillot

La deuxième, est la distribution (50 % du flux des start-up identifiées en 2016). Assurée traditionnellement par un réseau d’agences physiques, elle fait l’objet d’une forte compétition, sur Internet depuis quelques années et, de plus en plus, par des mobile brokers tels que Knip (Suisse), Getsafe ou FinanceFox (Allemagne) et par l’assurance Peer to Peer (P2P), telle qu’Inspeer en France ou Lemonade aux Etats-Unis, qui a levé des dizaines de millions de dollars. Les start-up qui se développeront dans les prochaines années seront celles qui auront surmonté la problématique du coût d’acquisition, c’est pourquoi elles lèvent aujourd’hui des sommes importantes. Elles ont pour objectif de rendre simples des produits complexes dans leur conception, notamment auprès des Millénials.

D’autres sociétés, comme Fluo (France) ou Trov (UK) proposent le principe du « just in time insurance » : un appareil photo, par exemple, n’est assuré que lorsqu’on s’en sert, notamment à l’étranger. Cette tendance de l’hyperpersonnalisation de l’assurance est amenée à se développer car certains acteurs – qu’il s’agisse de banques, GAFA, opérateurs télécoms -, disposent d’informations détaillées sur le mode de vie de leurs clients. Le challenge pour les assureurs historiques sera donc de collecter davantage d’informations comportementales pour pouvoir suggérer à leurs clients des solutions adaptées et simplifiées tout au long de la vie, tout en respectant la réglementation sur la protection des données personnelles.

La troisième, la gestion du sinistre (15 % du flux des transactions), est en croissance faible. Complexe, elle demande beaucoup de technologie et exige la plupart du temps la présence d’un humain : en présence d’un dégât des eaux ou d’un accident de voiture, par exemple, l’assureur doit se déplacer pour constater. Toutefois, de nouvelles tendances émergent avec les objets connectés, la voiture autonome, la blockchain, etc. qui permettront d’automatiser tout ou partie du processus de gestion, de l’identification client à la lutte contre la fraude, voire d’anticiper le risque en modifiant la relation de l’assuré avec son assureur, « de payeur à partner ».


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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