Rubrik, la nouvelle licorne californienne qui s’attaque à la sauvegarde des données

La start-up Rubrik vient de lever 180 millions de dollars, faisant passer sa valorisation à 1,3 milliard de dollars.

Une nouvelle licorne pointe le bout de sa corne dans la Silicon Valley. Rubrik, une start-up assurant la sauvegarde et la récupération des données des entreprises, a annoncé lundi lever 180 millions de dollars, faisant grimper sa valorisation à 1,3 milliard de dollars. Le tour de table a été mené par IVP, un fonds de capital-risque ayant investi dans Snap, Twitter, Dropbox et Slack. Les fonds Lightspeed Ventures (Snap, AppDynamics, Aerohive…) et Greylock Ventures (Facebook, Airbnb, Workday…) ont également pris part à la nouvelle levée de fonds.

L’entreprise, qui avait déjà amassé 112 millions de dollars, a été fondée il y a trois ans à Palo Alto par quatre ingénieurs d’origine indienne avec plusieurs années d’expérience dans la Silicon Valley, dont Soham Mazumdar, qui a notamment repensé l’architecture du moteur de recherche de Google. Bipul Sinha, le PDG, est lui un ancien du géant des logiciels Oracle qui a également été investisseur chez Lightspeed Ventures.

Un solution adaptée aux données du cloud

La société assure la sauvegarde, la récupération et l’archivage des applications des entreprises (Microsoft Exchange, Linux…) et de leurs fichiers. Elle se distingue par une offre qui fonctionne aussi bien pour les applications tournant dans le cloud que sur des serveurs privés, explique Pushan Rinnen, analyste chez Gartner. Un modèle hybride qui concerne de plus en plus d’entreprises à mesure que celles-ci placent une partie croissante de leurs données dans le cloud. Selon EDC, 80 % des services informatiques auront adopté cette architecture duale à la fin de l’année.

Son produit, disponible sur abonnement, fonctionne pour le moment avec les clouds d’Amazon et de Microsoft, mais pas encore de Google. La start-up n’est pas la seule à proposer ce service : « EMC, Veritas et Commvault sont nos principaux concurrents », déclare Bipul Sinha. Mais il estime que Rubrik se différencie par sa simplicité d’utilisation : « Les solutions de nos concurrents ont été construites avant l’apparition du cloud et elles utilisent encore trois à quatre pièces de hardware et de software différentes », avance Bipul Sinha. La société compte d’ailleurs parmi ses investisseurs de la première heure plusieurs dirigeants ayant joué un rôle clef chez ses rivaux, comme Mark Leslie, l’ex-PDG de Veritas, et John Thompson, l’ancien PDG de Symantec (qui a racheté Veritas en 2005, avant de céder la filiale).

Sa solution serait ainsi plus rapide à installer, avec un déploiement inférieur à une heure. D’autant plus que, depuis la semaine dernière, les clients n’ont même plus besoin de brancher un boîtier physique sur le réseau, tout se fait virtuellement. Surtout, sa solution permet de faire migrer les sauvegardes des applications entre différents clouds, d’Azure à Amazon Web Services par exemple.

La société, qui vend son service sur abonnement depuis un an et demi, a connu une forte croissance, pour atteindre 100 millions de dollars de chiffre d’affaires récurrent en janvier. La société ne communique pas son nombre de clients, mais son PDG indique compter une vingtaine d’entreprises du Fortune 500, dont « l’une des plus grosses sociétés d’assurances au monde », et de gouvernements.

Elle est passée d’une vingtaine de salariés il y a deux ans à près de quatre cents aujourd’hui. « Nous recrutons entre soixante et quatre-vingts personnes chaque trimestre », raconte fièrement Bipul Sinha. Elle connaît notamment une forte croissance en Europe, avec un bureau de 50 personnes à Amsterdam et 5 salariés en France, où sa solution est utilisée depuis un an par une douzaine de clients.

Mais Rubrik doit également faire face à la concurrence d’autres start-up sur ce marché naissant du « back-up as a service », comme Cohesity. L’entreprise a été créée par le cofondateur de Nutanix, l’une des plus belles réussites du cloud de ces dernières années… dans laquelle a investi Bipul Sinha quand il était « partner » chez Lightspeed Ventures ! La start-up vient elle aussi de lever une belle somme – 90 millions de dollars – auprès du fonds d’investissement de Google le mois dernier.

Anaïs Moutot


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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