Le Soulier Français (re)prend forme

En mai 2015, deux jeunes Parisiens osaient la reprise des anciens ateliers Charles Jourdan et Stéphane Kélian dans la Drôme pour créer Le Soulier Français. Aujourd’hui, ils décrochent près de 1 million d’euros pour soutenir leurs investissements et continuent d’embaucher.

Cette fois, tout semble bien parti pour produire de nouveau, en France, de la chaussure haut de gamme. Le jeune couple parisien, Priscille Demanche, jeune créatrice, et Xavier Porot, ingénieur, repreneur début 2015 des anciens ateliers Jourdan/Kelian, semble avoir gagné son pari fou. Envers et contre tout.

Le Soulier Français, petite fabrique de 1 200 mètres carrés relancée en août 2015 à Bourg-de-Péage (Drôme), a produit plus de 10 000 paires de souliers en un an. Elle devrait atteindre les 20 000 paires d’ici à la fin de l’année et les 40 000 fin 2017. Entretemps, son effectif sera passé de 25 personnes actuellement (dont 15 en production) à une cinquantaine environ à terme.

« On sent un regain d’intérêt à la relocalisation pour les petites marques »

Cet été, les deux entrepreneurs ont décroché près de 1 million d’euros pour soutenir leurs investissements passés*, grâce à une levée de fonds de 500 000 euros (auprès de business angels du réseau Investessor et son fonds Sibessor 2, syndiqués par WeLikeStartup) et au soutien de plusieurs organismes bancaires, dont BpiFrance à hauteur de 250 000 euros. « Depuis notre installation, nous avons étendu l’usine et ouvert un concept store dans le quartier du Marais à Paris, développé nos outils de conception et de production et augmenté notre palette de services », explique Xavier Porot, président du Soulier français, qui sous-traitait auparavant la production en Espagne.

La société travaille aussi bien pour ses deux marques propres (Ellips et Bichette), que pour une dizaine de créateurs français et étrangers (Dessine-moi un soulier, Rosbalet, Pascal Millet, Fred Marzo…), comme pour quelques maisons de prêt-à-porter. « On sent un regain d’intérêt à la relocalisation pour les petites marques, mais pas seulement. De grands noms du luxe nous ont aussi approché », précise le dirigeant. Pour l’instant, s’il préfère rester discret sur ses clients, Xavier Porot reconnaît qu’il était indispensable d’investir car l’usine n’arrivait plus à suivre… Les commandes affluent de toutes parts.

Deux createurs Soulier Français

PHOTO AFP-Relaxnews / Philippe Desmazes

Créer un véhicule commun pour pénétrer le marché

Au-delà de la production (environ une centaine de paires au modèle en moyenne), Le Soulier français souhaite devenir le partenaire français numéro 1 des marques qui veulent développer des projets de chaussures de luxe, en leur offrant un panel de services susceptibles de lever tous les obstacles qu’ils peuvent rencontrer. « Dans ce domaine, le coût du travail  n’est plus la vraie question. Nous sommes au même prix que les Italiens », précise-t-il, si ce n’est moins.

Leur force ? Le savoir-faire d’une main d’œuvre locale, hérité des grandes maisons de la chaussure autour de Romans-sur-Isère, aujourd’hui disparues. « Lors de la reprise, nous avons fait appel aux derniers spécialistes du métier, en contrepartie de leur céder à terme 20 % du capital. 15 d’entre eux se sont engagés à rester au moins cinq ans ».

Le Soulier Français, déjà un succès commercial

Les ventes, qui s’élevaient à 350 000 euros en 2015, devraient frôler le million cette année. « Nous ne faisons pas encore de bénéfices, mais espérons atteindre l’équilibre fin 2017 », conclut, optimiste, ce diplômé d’un cursus de recherche à l’Ecole Centrale Paris, ainsi que de l’Institut d’Administration des Entreprises. Dix embauches sont prévues avant la fin de l’année (des ouvriers qualifiés et à former), après l’arrivée cet automne d’un directeur commercial aguerri et d’un responsable pour le bureau d’études. Enfin, une nouvelle levée de fonds dans les mois à venir est déjà envisagée pour accompagner cette croissance…

* 420 000 euros, dont 200 000 de prêts bancaires levés mi-2014.


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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