Des difficultés d’accès au crédit plus importantes qu’il n’y paraît pour les plus petites entreprises

Les dirigeants de TPE considèrent les lourdeurs administratives comme l’une des principales difficultés de financement.

A lire les chiffres de la Banque de France, les plus petites entreprises obtiennent généralement tout ou partie du financement recherché lorsqu’elles s’adressent à leur banque. Mais le Baromètre de la confiance des TPE envers leurs banques, publié mercredi par la Médiation du crédit, Deloitte et le cabinet In Extenso, offre une vision bien plus nuancée : selon cette étude portant sur 4.300 entreprises, un dirigeant de TPE sur deux a fait une demande de crédit dans les trois dernières années et, à cette occasion, 56 % d’entre eux ont éprouvé « au moins une difficulté » de financement.

Il peut, bien sûr, s’agir d’un refus total de la part de la banque (cité dans 18,5 % des cas) ou partiel (11,7 % des réponses). Mais le décalage entre les chiffres de la Banque de France et la vision des TPE tient au fait qu’obtenir ou non le crédit demandé passe finalement derrière d’autres préoccupations d’ordre formel : à 33,8 %, ils déplorent « une demande « importante » de garanties ou de cautions personnelles ».

Délais excessifs

Les « lourdeurs administratives » dans le montage du dossier sont également pointées du doigt, dans 29,1 % des réponses, suivies des délais de réponse considérés comme « trop longs ». Ces conclusions recoupent les constats de la Médiation du crédit qui, dans un rapport, en 2014, soulignait que, derrière les bons chiffres du crédit, les petites entreprises souffraient d’un manque de confiance et de communication avec leur banque.

De fait, le « taux de confiance » pour la banque tel que mesuré dans le baromètre s’élève ainsi à 96,6 % chez les dirigeants qui n’ont jamais rencontré la moindre difficulté de financement. Elle chute à 67,6 % chez ceux qui ont rencontré un problème – quel que soit sa nature – lors d’une demande de crédit. Dans le cas d’un refus de financement, l’indice de confiance s’effondre certes à 44 % mais moins du fait du refus lui-même que de l’absence de raisons justifiant cette décision.

Or, dans un marché des « pros » toujours plus concurrentiel, les banques ont tout intérêt à muscler la dimension relationnelle de l’accompagnement. Un autre volet du baromètre confirme cette lecture : la qualité de la relation au conseiller est citée, à une majorité écrasante, comme le principal facteur de confiance – ou de défiance envers sa banque. Loin devant « la capacité d’accompagnement et de soutien en cas de difficulté », essentielle pour un bon tiers de la clientèle.

 

Edouard Lederer

LeadGen

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