La fintech : nouvelle concurrence pour la gestion d’actifs

Les acteurs de la fintech se positionnent à la fois comme des concurrents et des partenaires pour les gestionnaires d’actifs traditionnels.

Aux confins des nouvelles technologies de l’information et de la finance, les fintech commencent à arriver dans le radar des gestionnaires d’actifs. Parmi ces start-up, certaines labourent en effet singulièrement près de leurs terres. « Nous ne faisons pas le même métier qu’une société de gestion », plaide certes Olivier Goy, président de Lendix, le leader français du prêt participatif aux entreprises (« crowdlending »), qui a déjà placé 62 millions d’euros de dette depuis 2015. De fait, Lendix n’a pas vocation à gérer activement un portefeuille, mais plutôt à filtrer efficacement le flux des demandes de prêt afin de maîtriser le taux de défaut des dossiers proposés aux investisseurs. Pourtant, afin de garantir la bonne fin des levées de fonds, la société a mis en place un fonds de titrisation ouvert à des institutionnels. Celui-ci co-investit systématiquement dans chaque projet et préempte la partie non souscrite par les particuliers sur la plate-forme au terme de la période de collecte.

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Le premier millésime de ce fonds, baptisé « FCT Lendix 1 », était géré par une société de gestion tierce, EuroTitrisation. Mais avec l’entrée en vigueur de la réglementation Eltif, Lendix a adopté le nouveau format dédié aux fonds de long terme et renoncé à cette délégation de gestion. Le 17 novembre dernier, sa filiale Lendix Factory est ainsi devenue une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Lendix n’est pas la seule fintech à entrer dans le même cadre réglementaire que les gestionnaires d’actifs traditionnels. C’est également le cas de certains « robo-advisors ». Ceux-ci commercialisant des mandats de gestion automatisés, ils cherchent a priori à ubériser davantage les banques privées plutôt que les sociétés de gestion. Ils travaillent d’ailleurs souvent sous le statut de conseiller en investissements financiers (CIF), comme les conseillers en gestion de patrimoine. C’est notamment le cas d’Advize ou de WeSave, ce dernier revendiquant de 10 à 15 nouveaux clients patrimoniaux par jour.

Modèles quantitatifs

Yomoni, au contraire, a opté pour le statut de société de gestion, même si pour l’heure elle ne réalise ses allocations qu’à partir de fonds tiers. « Nous utilisons des modèles quantitatifs développés et supervisés en interne par une équipe de gestion expérimentée, explique Sébastien d’Ornano, président exécutif de Yomoni. A l’avenir, nous pourrions imaginer de proposer nos propres fonds. »

Les acteurs de la génération fintech se positionnent parfois en concurrence frontale avec les sociétés de gestion, y compris sur la clientèle institutionnelle. « Alors que la rémunération des fonds monétaires est parfois négative aujourd’hui, notre plate-forme permet aux entreprises et institutions de trouver une alternative en accédant à des offres de comptes à terme ou de comptes courants rémunérés », explique ainsi David Guyot, cofondateur de Pandat, qui a collecté 3 milliards d’euros en 2016 sur des placements de trésorerie.

Diversifier les risques

Les fintech apportent surtout une expérience utilisateur simplifiée, tout en donnant accès à de nouvelles classes d’actifs. L’expansion rapide du « crowdlending » (83 millions d’euros placés sur le marché français en 2016, soit 2,6 fois plus qu’en 2015) ne doit rien au hasard. L’épargnant accède sans frais à un placement très concret (le financement de PME) et le seuil minimal d’investissement très bas (à partir 20 euros par opération) lui permet de diversifier rapidement et facilement ses risques : un fonds en version « do it yourself » en somme.

La gestion d’actifs ne pourra pas ignorer longtemps la forte croissance des fintech. Fin 2016, Yomoni ne gérait que de 12 millions d’euros, mais son encours avait déjà doublé par rapport à fin septembre. L’ambition affichée d’atteindre 2 milliards d’euros sous gestion en 2020 doit faire réfléchir les acteurs traditionnels. Sans compter que des acteurs comme Lendix ou Younited Credit (fonds de prêts à la consommation) ont déjà l’Europe en ligne de mire.

 

Emmanuel Schafroth


Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

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