Les retards de paiement en recul en 2016

L’Observatoire des délais de paiement a remis son rapport annuel.Malgré une amélioration l’an dernier, le retard moyen par rapport au délai légal atteint encore 11,6 jours.

Demandez à un patron de PME quel est son premier souci, il vous répondra invariablement : le respect des délais de paiement. C’est que les entreprises françaises sont de très mauvaises élèves en la matière. Depuis la loi de modernisation de l’économie de 2009, une entreprise doit payer ses fournisseurs dans un délai de 60 jours. Or, en moyenne, les entreprises françaises payaient leur facture avec 11,6 jours de retard par rapport à ce délai au troisième trimestre 2016, selon les estimations du cabinet Altares publiées dans le rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement remis mercredi au ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin. Ce chiffre est toutefois en amélioration, car le retard avait grimpé jusqu’à 13,6 jours à l’été 2015 (le plus mauvais résultat en dix ans). Cette moyenne s’est améliorée car le nombre de grands retards de paiement (au-delà de 30 jours) a baissé.

Résistances à la facturation électronique

Mais les petits retards sont toujours aussi nombreux. Une entreprise sur trois reporte ses règlements fournisseurs de 1 à 15 jours. Dans ce domaine, les plus grandes entreprises sont loin d’être les plus vertueuses. Leur retard moyen dans le paiement des factures va au-delà de 14 jours. Une situation qui devrait toutefois s’améliorer avec la généralisation de la facturation électronique. Entre les entreprises privées et l’Etat, la facturation électronique (qui permet un horodatage des factures plus précis avec un effet positif sur le calcul des délais de paiement) est obligatoire depuis le 1er janvier 2017. Il est prévu de l’étendre aux relations interentreprises, mais, pour l’heure, la résistance de certains grands groupes n’a pas permis d’aller plus loin.

C’est dans le domaine de la construction que les retards sont les plus limités. Au dernier trimestre 2016, le retard moyen dans ce secteur est passé sous la barre des 10 jours (9,3), alors qu’il est de près de 16 jours pour l’hébergement et la restauration, et de presque 15 jours dans les transports et la logistique. L’amélioration observée en 2016 peut s’expliquer par la nouvelle politique de contrôle et de sanction de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Celle-ci a, en effet, fortement augmenté le nombre de ses contrôles : 2.500 ont été effectués l’an dernier, dont 70 dans des grandes entreprises et leurs filiales. En outre, 228 procédures d’amende ont été lancées l’an dernier, représentant près de 11 millions d’euros. Et 29 ont fait l’objet d’une publication sur le site de la DGCCRF. Une mesure bien plus dissuasive pour certains grands groupes que l’amende elle-même.

 

Risque de défaillances

Il existe une corrélation forte entre la défaillance d’une entreprise et le retard de paiement de ses clients. Selon Bercy, les retards de paiement seraient responsables d’environ 15.000 défaillances par an.Jusqu’à 20 jours de retard, la probabilité de défaillance est environ trois fois plus forte. Ce coefficient s’accélère à l’approche des 30 jours.
Au-delà de ce seuil, la probabilité de voir l’entreprise entrer en procédure collective est multipliée par 7.

 

Marie Bellan

Événement

Salon des Entrepreneurs – Marseille

9 & 10 octobre 2018
Marseille Chanot
En savoir plus

Supplément partenaire réalisé et animé par American Express. La rédaction des Echos n'a pas participé à sa réalisation.

Inspirez-vous. Informez-vous


Ne manquez rien
de l'actualité business !

Recevez une fois par mois la newsletter InstinctBusiness.

Conformément à la loi «informatique et libertés» du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant. Pour exercer ce droit, contactez : American Express Carte France, GCP, 4 rue Louis Blériot, 92561 RUEIL MALMAISON Cedex. Données collectées à des fins commerciales.